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Qu’est-ce que le coaching ?

Qu’est-ce que le coaching ? Un accompagnement qui puise ses origines dans la philosophie grecque antique: dialectique, maïeutique, parrhesia, éthique.

« En randonnée, si tu trébuches sur le chemin, n’emporte pas le caillou avec toi ! »

Mark Twain

Qu’est-ce que le coaching ?

Premier constat simple: comme, je l’avais déjà signalé dans un précédent article (« Pourquoi tant de coachs ? »), il y a aujourd’hui presque autant de coachs qu’il n’y a d’associations de coaching ou de regroupements de coachs.

De sorte que, lorsque l’on se demande qu’est-ce que le coaching, toutes les définitions se valent mais aucune n’est définitivement valable ou exhaustive.

Si je devais vous donner ma propre définition du coaching, je dirais qu’il est une forme de dialectique renouvelée et renouvelant de fait ses propres moyens.

Pourquoi dialectique ?

Le coaching, tout comme d’autres formes d’accompagnement, a des ancêtres : parmi ces sources, nous avons la Dialectique, la Maïeutique et la Parrhesia.

 

1) Qu’est-ce que la Dialectique ?

A l’origine (dans l’Antiquité grecque), la dialectique était une méthode de discussion incluant l’usage de l’argumentation, du questionnement et de l’interprétation.

On retrouve la dialectique dans la philosophie grecque et occidentale et ses principaux représentants sont Platon, Socrate, Aristote. On attribue son invention à Zénon d’Élée (Vème siècle av. J.-C.).

Les représentations artistiques, évoquant la dialectique, comme par exemple un bas-relief de Della Robbia, montrant Platon et Aristote en pleine discussion, font état de situations en face-à-face, debout et/ou en mouvement, animées d’échanges énergiques et relevés.
Je rappelle aussi que l’école péripatéticienne fondée par Aristote, au IIIème siècle av. J.-C., prônait la réflexion « en marchant », alors que Platon quant à lui était lutteur.

La dialectique est donc, classiquement, une situation de dialogue entre deux personnes ayant des idées différentes, confrontant des points de vue, dans une recherche progressive de connaissance des différentes positions des interlocuteurs.

L’objet de la dialectique est la recherche d’une vérité (Alètheia) à découvrir, vérité qui s’opposerait ainsi au domaine de l’opinion (Doxa), ou bien encore à celui de l’art oratoire (Rhétorique).

On pourrait donc qualifier la Dialectique d’« art du dialogue ».

 

2) Qu’est-ce que la Maïeutique ?

Avec la Maïeutique nous avons les prémices de ce que l’on appellerait aujourd’hui l’ « outillage », les outils et les méthodes, puisque la maïeutique est une technique « qui consiste à bien interroger » une personne dans une situation donnée.

C’est donc, pour reprendre l’expression d’usage : « L’art de faire accoucher les esprits de leurs connaissances », ou en langage moderne « la capacité à mobiliser des connaissances », par l’art de savoir interroger.

Son invention est attribuée à Socrate (au IVème siècle av. J.-C.).

La Maïeutique s’adosse à la « théorie de la réminiscence », c’est-à-dire la capacité à faire resurgir, et s’appuie sur la « catharsis », c’est-à-dire (depuis Freud) la remémoration affective qu’une libération de la parole permet.

 

3) Qu’est-ce que la Parrhesia ?

Pour reprendre ici le titre d’une livre de Michel Foucault (1), c’est le courage de la vérité.

Autrement dit, la Parrhesia est cette exigence du « parler vrai » y compris et surtout lorsque cela est inconfortable, ou bien lorsque la séduction ou l’influence sont venus obstruer le réel dans une situation de communication et de dialogue.

Sans aller plus avant sur ce point, je vous invite à lire l’excellent article du coach Lucien Lemaire, à découvrir sur son blog (2) : « Pour l’éthique, contre la haine de penser ».

Quels liens avec le coaching ?

Afin de pouvoir répondre à cette question, il faut à présent se demander d’où vient le coaching tel qu’on le connait aujourd’hui.

Deux origines contemporaines majeures :

  1. La provenance du monde physique et sportif : les coachs sportifs, avec en toile de fond la devise du baron Pierre De Coubertin qui est la devise olympique composée des trois mots latins : « Citius, Altius, Fortius », ce qui se traduit par « Plus vite, plus haut, plus fort ».
  2. La provenance des pratiques managériales en entreprise.

Ce qui est commun à ces deux champs d’activités est l’idée de performance.

La performance est un comportement global qui permet l’atteinte effective d’objectifs visés, à partir de moyens identifiés, en vue d’obtenir les résultats escomptés, dans des délais fixés.

Le développement du coaching actuel en France, en Europe, et dans une grande partie du Monde, se fait via cet accès-là : celui de la performance et du management (maniement) de la performance.

Je pense donc que le coaching (entre autres pratiques de l’accompagnement) se renouvelle, et se diversifie, car le lien de la performance n’est plus le seul accès alors que les origines anciennes (Dialectique, Maïeutique, Parrhesia) demeurent des fondements inamovibles.

Il existe aujourd’hui de nombreux autres liens, parfois forts réticents aux tentatives de définition et de délimitation, qui ont donné lieu à de nouvelles pratiques, sur des fonds anthropologiques établis, mais aussi parfois glissants, voire fumeux.

Les trois problèmes majeurs sont alors :

  1. La déontologie propre à ces pratiques,
  2. L’éthique du praticien et les fondements anthropologiques des pratiques,
  3. La délimitation du champ d’action des différentes pratiques : guerre territoriale entre disciplines.

Je citerai trois exemples de nouveaux liens entrants dans le coaching et tenterai d’illustrer le propos avec quelques éléments de provenance et de destination :

Le lien des croyances et des valeurs qui comprend les pratiques de coaching spirituel, coaching gnosique ou bien encore philosophique.

On trouve ainsi en Argentine, des coachs dits « ontologiques », ou bien sous d’autres contrées des coachs « en miracles ».

Beaucoup plus sérieusement, on parle aussi de « coaching existentiel » ou de « coaching philosophique ».

Ce lien pointe donc en direction des croyances et des valeurs, et plus largement, de la spiritualité, de la religion, et du développement personnel (pris comme, je cite : « Un ensemble de courants de pensées et de méthodes destinées à l’amélioration de la connaissance de soi, la valorisation des talents et potentiels, l’amélioration de la qualité de vie, à la réalisation de ses aspirations et de ses rêves ») (3)

Le lien de pouvoir et de contrôle qui comprend les pratiques de coaching conçues pour les prises de parole en public (Rhétorique), la préparation mentale, le coaching de séduction et d’influence.

La séduction est un procédé visant à détourner une personne de son propre chemin, pour son propre compte, par un mécanisme d’attirance, alors que l’influence est une forme d’imposition qui peut contribuer à altérer ou modifier le comportement d’autrui.

Ce lien de pouvoir et de contrôle pointe donc en direction du domaine politique et du monde des médias, de l’image et de l’opinion.

Le lien du soin et du corps qui comprend les pratiques de coaching jointes à celles de la thérapie et du corps, et qui pose donc la question des différences et des limites entre le coaching (la thérapie des biens portants ?), le soin, les pratiques corporelles, la sollicitude (notion de « care » en anglais), la thérapie, ou bien encore la guérison.

Ce lien pointe en direction de la médecine et du couple santé/maladie, mais aussi en direction du développement personnel.
Le fait que le coaching fasse preuve d’une telle plasticité, ou perméabilité à des environnements proches, s’explique peut-être par l’émergence d’un besoin sociétal qui lui-même se renouvelle parallèlement aux nouvelles pratiques et le délaissement de pratiques plus anciennes ou traditionnelles.

Voici ce que nous dit le sémiologue Jean-Louis Fonvillars (dans Le Grand livre du coaching) à propos du coaching :

« Le coaching est une configuration sociale actuelle qui signale l’émergence d’une attente relationnelle non satisfaite par les modèles sociaux de notre société (famille, école, entreprise…). Le phénomène désignerait un rôle subsidiaire pour une fonction sociale défaillante, celle de l’accompagnement. » (4)

Lorsque l’on se demande qu’est-ce que le coaching, et l’on observe une séance de coaching, on remarque que le dispositif possède plusieurs caractéristiques propres :

1. C’est un espace de liberté et de choix compris dans un cadre de travail donné,
2. C’est une relation interpersonnelle qui responsabilise : « cela ne tient qu’à vous d’essayer ! »
3. C’est un mode de travail qui peut permettre une véritable création de sens : c’est-à-dire un positionnement, une orientation, une signification.
4. C’est un espace ouvert et disponible comme forme de réponse, même imparfaite, à une demande insatisfaite ou incomplète.

Et parce que cette demande est imparfaite, l’éthique du coach se doit de viser, sinon la perfection, pour le moins la perfectibilité.

 

4) Qu’est-ce que l’éthique pour un coach ?

Il faut commencer par se demander ce qu’est l’éthique : là encore, je vous renvoie au texte de Lucien Lemaire, précédemment cité.

Il convient en fait de différencier éthique, morale, déontologie.

La morale présuppose des valeurs. Les valeurs sont plutôt collectives et sociales, puisque toujours en référence à un groupe donné, toujours en lien avec les acquis (reçus) par le groupe familial, l’éducation, la religion, l’environnement, etc., etc.

Selon que l’on se situe sur les plans philosophique, spirituel, théologique, idéologique ou bien encore esthétique, les valeurs changeront et pourront s’inscrire dans des « idéaux », « vertus », « canons », « jugements ».

La morale se transmet également par le vecteur de l’identification et de l’identité et contribue, en ce sens, à l’action juste, à la justice, délimitant de fait le bien du mal en collectivité et dans la vie publique.

La déontologie, quant à elle, est en relation avec la normativité d’une activité professionnelle donnée et renvoie à une conception juridique singulière de cette activité: règles, règlement, normes, statuts, mesures, comportements et habilités requises, etc., etc.

L’éthique est, par essence, individuelle et personnelle. Elle est un ensemble de principes qui orientent nos actions et notre conduite : c’est-à-dire les décisions et la fondation de sens pour soi.

De fait, l’éthique peut s’accorder à la morale mais en aucun cas il n’y aura obligation. Ainsi, un violeur, un pervers narcissique ou un tueur en série posséderont également leur propre éthique, leur vision du monde, du bien et du mal.

L’éthique se caractérise donc par une singularité propre, et c’est pourquoi celle d’un coach doit être au service de son client, mais aussi de ses partenaires et de la profession : fondée sur des valeurs positives et constructives, ancrée dans un cadre déontologique établit et un dispositif professionnel éprouvé.

Disons que ceci est la dimension extérieure et sociale de l’éthique. Sa dimension intrinsèque concerne le coach et le coaché, en situation : c’est dans la rencontre de la relation de coaching que l’éthique du coach s’éprouve, et elle s’éprouvera pour lui, de telle ou telle autre manière, en fonction du parcours thérapeutique (et de vie) du coach, de sa formation et de son expérience du coaching.

La rencontre doit permettre d’ouvrir un espace d’échange à ce qui n’est pas encore formalisé. Ceci est bien l’enjeu et l’essence du coaching comme dialectique renouvelée : donner une forme et une expression à ce qui est informe et temporairement inaudible ; sans délaisser toutefois l’importance de l’action :

1. L’effectuation (que je conçois comme une forme de responsabilisation par l’action),
2. La signification (que je conçois comme une construction de sens),
3. La performance (que je conçois comme un « pouvoir-faire »).

Une dernière chose : rien de conséquent ne pourra émerger d’une rencontre entre coach et coaché, si un rapport authentique de confiance ne s’est pas rapidement établit.

 

Bibliographie et filmographie recommandées

  1. Michel Foucault, Le Courage de la vérité . Le gouvernement de soi et des autres. Editions Le Seuil, 1984.
  2. http://lamoucheducoach.blog.lemonde.fr/2009/03/02/pour-lethique-contre-la-haine-de-penser/
  3. Bob Aubrey, L’entreprise de soi, Editions Flammarion, 2000.
  4. Jean-Louis Fonvillars, Le grand livre du coaching, A propos du coaching, ce truc à la mode, Editions Eyrolles, 2008

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